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Une souris blonde guérira-t-elle les obèses ?

Une grosse souris plutôt blondasse et à l’appétit dévorant pourrait jouer un rôle-clef dans l’étude de nouveaux médicaments anti-obésité. Cette mutante fait partie des nombreux programmes de recherche des biochimistes en vue de soigner les surcharges pondérales.
Les chercheurs ont, par manipulations génétiques, privé la souris d’un gène (le POMC) qui commande la production d’une hormone, la mélanocortine, responsable d’abord de la pigmentation de la peau mais qui agit également sur l’appétit, au niveau du cerveau. Résultat : l’animal est quelque peu dépigmenté et s’engraisse en raison de son vif appétit mais aussi de sa capacité de stockage des graisses. Des cas comparables d’obésité ont été observés chez l’homme même s’ils sont très rares, de l’avis des spécialistes.
Les chercheurs ont pu corriger les anomalies physiologiques des rongeurs en leur injectant une hormone, la mélanocortine. Les souris ont perdu 40 % de leur excès de poids en deux semaines, ainsi que la teinte jaune qu’arborait leur toison.
A l’arrêt du traitement, elles n’ont cependant pas tardé à retrouver leurs rondeurs perdues, selon l’équipe de Linda Yaswen, de l’Institut National de la Santé Mentale à Bethesda, qui a conduit ces travaux conduits avec Miles Brennan (Denver, Colorado) et Ute Hochgeschwender (Oklahoma).
Cette souris mutante représente cependant un modèle inestimable pour étudier des médicaments anti-obésité, qui seraient capables d’agir sur le principal récepteur de l’hormone mélanocortine dans le cerveau, le MC4. Le MC4 joue en effet un rôle important dans la régulation de l’appétit et favorise l’obésité lorsqu’il est déficient ou inactif. Il représente l’une des plus importantes causes génétiques d’obésité, explique le Dr Philippe Froguel, de l’Institut de Biologie-Pasteur, à Lille. Ces rongeurs pourraient servir également à explorer le rôle potentiel de l’hormone sur le comportement sexuel, la fonction cardiaque et l’inflammation.

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