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Vit-on plus vieux en mangeant moins ?

Oui. D’innombrables expériences sur l’animal (insecte, rongeur, singe) ont montré qu’un régime faiblement calorique est associé à un allongement de la durée de vie. La réduction du stock de graisses contenu dans les tissus adipeux, expliquent Frédéric Picard et Leonard Guarente du Massachusetts Institute of Technology (MIT, Cambridge, Etats-Unis) et leurs collègues des Universités de Porto (Portugal) et d’Ottawa (Canada), est probablement déterminant dans les mécanismes reliant l’augmentation de la longévité à la restriction calorique chez les mammifères. Chez les souris, il a été démontré qu’une réduction de consommation de calories prolongeait l’espérance de vie de l’ordre de 30 %. Et, selon les conclusions d’une étude dirigée par Luigi Fontana, de l’Université Washington à Saint-Louis (Kentucky), un régime à basses calories (entre 1.100 et 1.950 par jour, soit près de la moitié de l’apport typique américain) réduit considérablement les risques de diabète, de crise cardiaque ou d’attaque cérébrale, laissant a priori envisager une meilleure longévité.
Les biologistes du MIT proposent ce qui pourrait être le premier pas pour expliquer le phénomène. Chez la levure, la longévité est favorisée par un gène appelé SIR2. L’équipe de Picard a donc recherché l’équivalent de ce gène chez un mammifère, en l’occurrence la souris. Les chercheurs montrent ainsi qu’un gène, dénommé Sirt1 (pour sirtuin 1), intervient dans un système qui détecte quand la nourriture se fait plus rare : en période de pénurie même relative, comme un régime hypo-calorique, l’activation du gène et de sa protéine mobilise les graisses contenues dans les tissus adipeux et entraîne une réduction du stock de graisses.
Cet effet passe par le blocage de gènes, incluant des gènes impliqués dans le stockage des graisses, normalement contrôlés par une molécule, dite « PPAR-gamma ».
Il est probable que d’autres gènes sont impliqués dans la réponse favorable à la sous-alimentation. Tomas Prolla, Richard Weindruch et leurs collègues ont examiné l’action de 6.347 gènes chez deux groupes de souris, l’un au régime normal, l’autre au régime réduit de 24 %. Ils ont découvert qu’un très petit nombre de gènes — moins de 2 % des gènes étudiés — avaient changé notablement au cours de l’expérience. Or, il s’agissait de gènes impliqués dans certaines tâches biologiques telles que la réponse à la tension, la reconstitution des protéines ou la production d’énergie, causes du vieillissement.

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